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Mise en péril immeuble : procédure, arrêté de péril et conséquences

  • Photo du rédacteur: Factory Design Team
    Factory Design Team
  • 26 mars
  • 7 min de lecture

Sommaire


  • Qu'est-ce qu'un arrêté de péril sur un immeuble

  • Procédure d'arrêté de péril ordinaire et d'urgence

  • Conséquences de l'arrêté de péril pour propriétaires et locataires

  • Foire aux questions


Cet article détaille de façon approfondie la procédure de mise en péril d’un immeuble, ses fondements juridiques et ses conséquences. Vous y trouverez les démarches administratives à suivre, ainsi que les obligations liées à un arrêté de péril.


Qu'est-ce qu'un arrêté de péril sur un immeuble


Cet acte administratif est pris par le maire lorsqu’un bâtiment présente un risque pour ses occupants ou son entourage. Depuis 2021, l'arrêté de péril ordinaire est désormais appelé arrêté de mise en sécurité. Quant à l’arrêté de péril imminent, il correspond à une procédure d'urgence de mise en sécurité.



Définition et fondement juridique de la mise en péril


Le cadre légal repose sur le Code de la construction et de l’habitation. La mise en péril concerne les maisons, les locaux commerciaux ou tous bâtiments en copropriété. Il faut toutefois que le danger et le risque structurel proviennent de la construction elle-même.


Contrairement à l’insalubrité, le péril touche spécifiquement à la solidité du bâtiment. Ces deux notions donnent donc lieu à des procédures différentes. Pour les édifices classés de la commune, l’avis préalable de l’Architecte des bâtiments de France reste obligatoire.


Péril ordinaire et péril imminent : quelles différences


Cette mesure se décline en deux catégories selon la gravité de la situation. Le péril ordinaire (ou péril non imminent) autorise un délai d’un mois au propriétaire pour agir. En revanche, un péril imminent exige une intervention immédiate, sans phase contradictoire.


  • Danger non immédiat : caractérise le péril ordinaire, qui suit une procédure de mise en péril classique incluant une phase contradictoire.

  • Danger réel et actuel : justifie un péril imminent, pouvant entraîner une évacuation immédiate et des mesures d'urgence.

  • Intervention administrative : la commune intervient suite au constat dressé par ses services techniques.


Dès lors que l’ existence d’un péril est constatée, le maire peut ordonner l’évacuation immédiate des occupants. Un expert est ensuite désigné sous vingt-quatre heures pour évaluer la sécurité des lieux. Il préconise alors les travaux nécessaires pour éviter la ruine de l’immeuble.


Quels immeubles et motifs sont concernés par le péril


Plusieurs motifs peuvent justifier cette procédure : fissures importantes, murs menaçant ruine, défaut d’entretien ou risque d’effondrement sur la voie publique. Le stockage de matières dangereuses constitue également une menace pour la sécurité publique et peut entraîner une intervention rapide.


Un immeuble menaçant ruine en raison de graves désordres structurels entre pleinement dans ce cadre légal. Tout locataire, voisin ou passant peut signaler ces désordres à la mairie. Une enquête des services techniques sera alors déclenchée sans délai.


Procédure d'arrêté de péril ordinaire et d'urgence


La procédure d'arrêté de péril varie en fonction de la gravité du risque constaté sur le bâtiment. Le maire intervient pour garantir la mise en sécurité de l'immeuble par diverses démarches administratives. Chaque étape de la procédure s'appuie sur une expertise technique pour en garantir le bien-fondé.



Déroulement de la procédure de péril ordinaire


La procédure de péril ordinaire débute par une notification officielle envoyée au propriétaire. Cette dernière précise les désordres observés et octroie un délai minimal d'un mois pour présenter des observations. Cette phase contradictoire est essentielle avant l'adoption définitive d'un arrêté de péril ordinaire.


La lettre informe tous les occupants du logement ainsi que leurs ayants droit. Dans une copropriété, le syndic est alerté sans attendre. De son côté, un expert évalue le coût des travaux requis pour restaurer la sécurité et remédier au péril ordinaire.


  • Notification formelle : le maire informe par écrit le propriétaire des désordres constatés.

  • Phase contradictoire : le propriétaire a un mois pour formuler ses observations.

  • Expertise technique : un expert examine le danger et établit un devis pour les travaux.

  • Arrêté définitif : le maire signe l'arrêté de péril, exigeant le début des travaux sous trente jours.


L'arrêté officiel impose généralement l'exécution des travaux dans un délai d'un mois après sa réception. En cas de retard dans les réparations, la municipalité peut appliquer une astreinte financière quotidienne conséquente. Cette sanction vise à pénaliser tout délai injustifié et à assurer une protection rapide des occupants.


Intervention en urgence et rôle de l'expert judiciaire


La procédure de péril imminent est déclenchée lorsqu'un danger sérieux nécessite une intervention d'urgence. Le maire peut ordonner une évacuation immédiate sans phase contradictoire préalable avec les résidents. L'expert judiciaire intervient sous vingt-quatre heures pour recommander des actions correctives rapides.


Ce professionnel établit un constat détaillé qui précise la menace pesant sur le bâtiment. Son rapport préconise des mesures d'urgence, telles que l'étayage ou une démolition partielle. Il chiffre ensuite le coût des travaux et fixe des délais réalistes pour leur réalisation.


Levée de l'arrêté de péril et sanctions en cas de retard


Une fois les travaux achevés, le propriétaire demande la levée de la procédure de péril. Une attestation de conformité, signée par un professionnel, confirme la fin du péril imminent. La mairie prononce alors la mainlevée, permettant à nouveau l'occupation des lieux.


  • Demande de levée : le propriétaire saisit les services d'urbanisme en fournissant une preuve de conformité.

  • Certification de conformité : un architecte atteste que les travaux garantissent la stabilité du bâtiment.

  • Arrêté de mainlevée : le maire annule les interdictions après vérification des réparations.

  • Inscription au registre : l'annulation est consignée dans les registres publics pour informer les futurs acquéreurs.


Si le délai imparti est dépassé, la commune peut procéder à l'exécution des travaux d'office. Les frais engagés sont ensuite facturés au propriétaire considéré comme négligent. Cette contrainte financière importante assure le respect des obligations de mise en sécurité.


Type de procédure

Délai de notification

Phase contradictoire

Intervention urgence

Péril ordinaire

Notification écrite

Minimum 30 jours

Non applicable

Péril imminent

Notification immédiate

Non exigée

Évacuation possible immédiate

Exécution d'office

Après arrêté

Délai réexaminé

Possible en cas de non-exécution


Conséquences de l'arrêté de péril pour propriétaires et locataires


L'arrêté de péril entraîne des répercussions importantes sur la situation financière du propriétaire et sur les droits des locataires. Cette disposition légale redéfinit l'ensemble des obligations relatives à l'occupation du logement, incluant notamment la suspension des loyers, l'obligation de relogement et d'éventuelles sanctions.


Impact sur les loyers, baux et obligation de relogement


Dès la notification d'un arrêté de péril, le versement des loyers est suspendu. Les occupants sont dispensés de payer leur loyer jusqu'à la levée de la mesure. Si l'interdiction d'habiter est temporaire, le contrat de bail reste en vigueur, mais sans obligation de paiement.


  • Suspension des loyers : à partir du mois suivant la notification, plus aucun loyer n'est dû au bailleur.

  • Maintien du contrat : en cas d'interdiction temporaire, le bail reste valide, mais les paiements cessent.

  • Résiliation automatique : si l'interdiction devient définitive, le contrat prend fin sans préavis.


Le bailleur a l'obligation légale de proposer un hébergement décent aux occupants concernés. S'il ne respecte pas cette obligation, un juge peut ordonner le remboursement des frais engagés par les locataires. Dans une copropriété, les loyers des lots affectés sont également suspendus.


Sanctions pénales et responsabilité du propriétaire


Un propriétaire peut faire l'objet de poursuites pénales pour mise en danger d'autrui, encourant des peines d'emprisonnement et des amendes significatives. L'éventuelle indemnisation du propriétaire pour un immeuble en péril ne le dispense pas de ses responsabilités en matière de sécurité.


Parallèlement, le maire de la commune peut imposer une astreinte financière quotidienne. En cas de retard excessif dans les travaux, l'administration peut les réaliser d'office aux frais du responsable. Une hypothèque légale peut être mise en place pour garantir le recouvrement de ces frais.


La garantie décennale s'applique si l'édifice présente des problèmes compromettant sa solidité. Le constructeur responsable doit alors financer les réparations urgentes. L'assurance dommages-ouvrage permet un préfinancement rapide pour éviter toute aggravation.


Recours, garanties et vente d'un immeuble en péril


L'action en garantie décennale peut être engagée dans les dix ans suivant la livraison du bâtiment. Une expertise technique permet d'établir les défauts et de justifier cette démarche. Les indemnités couvrent généralement les travaux, les frais d'expertise et les intérêts.


  • Garantie décennale : elle permet d'assigner le constructeur en responsabilité pour des désordres structurels majeurs.

  • Assurance dommages-ouvrage : elle assure un financement accéléré des réparations avant toute décision de justice.

  • Action pour vices cachés : l'acquéreur dispose de vingt-quatre mois pour agir contre le vendeur.

  • Recours en référé : cette procédure judiciaire peut ordonner la réalisation immédiate des travaux sous astreinte.


La vente d'un bien sous arrêté de péril exige une parfaite transparence envers l'acquéreur potentiel. Si une démolition s'avère inévitable, l'autorisation préalable d'un juge est nécessaire. Le responsable doit anticiper toutes les conséquences liées à d'éventuels défauts découverts ultérieurement.


Foire aux questions


Qu'est-ce qu'une mise en péril et comment se déclenche la procédure de mise en péril

La mise en péril intervient lorsqu'un bâtiment représente un danger grave pour la sécurité de ses occupants ou des riverains. Dans ce contexte, le maire déclenche la procédure de mise en péril après une phase contradictoire d’un mois. En cas d'urgence extrême, une évacuation immédiate peut être ordonnée sans délai.

Le Code de la construction règlemente strictement cette procédure d'arrêté de péril afin de garantir la protection des personnes. Le maire notifie le propriétaire du logement et lui fixe un délai pour effectuer les réparations ou engager la démolition. Si aucune mesure n'est prise, une astreinte financière peut être prononcée et des travaux d’office peuvent être réalisés.

Qui paie les travaux et les frais de relogement dans un immeuble en péril

Lorsqu’un arrêté de péril est pris, le propriétaire est tenu de financer les travaux nécessaires pour mettre son immeuble en sécurité. Il est également légalement obligé d’assurer le relogement décent des locataires affectés. En cas de défaillance, le maire peut intervenir aux frais du responsable.

Dans certains cas, une assurance dommages-ouvrage peut prendre en charge une partie de ces dépenses imprévues, notamment lorsque les désordres relèvent de la garantie décennale du constructeur originel. La procédure permet d’identifier d’éventuelles responsabilités partagées selon les problèmes constatés.

Quels recours et garanties peut utiliser un propriétaire confronté à un arrêté de péril

Un propriétaire visé par un arrêté de péril dispose de plusieurs recours pour défendre ses droits. Il peut solliciter la garantie décennale auprès du constructeur ou déclarer le sinistre à son assurance. Une action en justice pour vices cachés contre le vendeur précédent est également envisageable.

Un recours en référé peut contraindre le constructeur responsable à exécuter les travaux sous astreinte. Il est aussi possible de négocier un délai supplémentaire avec le maire, en apportant la preuve de difficultés réelles. Une expertise technique peut enfin être menée pour documenter les dommages liés à cette situation délicate.

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